Eguisheim parraine une commune tibétaine
Jeudi 8 juin, à 19h, salle des marronniers à Eguisheim
La municipalité d’Eguisheim, sensible au drame vécu par la population tibétaine du fait de l’occupation et du non-respect de leurs droits humains les plus élémentaires, a délibéré et approuvé le parrainage d’une commune tibétaine lors de la séance du 13 octobre 2015 pour exprimer son soutien à ce peuple opprimé.
La soirée débutera par une allocution de M. Centlivre, maire, et une intervention sur le parrainage de commune tibétaine par l’association « liberté au Tibet ». Un panneau matérialisant ce parrainage sera ensuite dévoilé.
Suivra la projection d’un court film documentaire (52 mn), « Tibet, le mensonge chinois ?» de Bernard Debord, réalisateur, écrivain et militant.
« Ce film retrace l’histoire mouvementée du Tibet des années 40 à nos jours à travers des archives et les témoignages de tibétains exilés, notamment du plus illustre d’entre eux, le Dalaï Lama. »
Marie Holzman, sinologue, journaliste, écrivain, enseignante, conférencière, présidente de l’association « Solidarité Chine » ( association qui a pour vocation l’ouverture à la démocratie en Chine), commentera le film de Bernard Debord et nous éclairera sur le fonctionnement de la Chine et les enjeux de la colonisation du Tibet .
Depuis 2009, 149 Tibétains, femmes, hommes et adolescents, qu’ils soient moines ou laïcs, ont eu recours à une forme de protestation ultime, l’auto-immolation par le feu, pour manifester leur désapprobation et leur désarroi face à l’oppression chinoise implacable qui ne cesse de s’intensifier, et pour réclamer la liberté pour les Tibétains dans leur propre pays ainsi que le retour du Dalaï-Lama.
Marie Holzman, est sinologue, et l’auteure de nombreux livres et traductions sur la Chine contemporaine. Elle a vécu le premier Printemps de Pékin en direct et a consacré une bonne partie de sa vie à l’aide aux dissidents et aux exilés. Depuis 1990, elle est présidente de Solidarité Chine, une association créée en juin 1989 pour venir en aide tant aux exilés fuyant la répression du mouvement de Tian’anmen qu’aux démocrates restés en Chine, et aussi pour perpétuer la mémoire de ce drame. Elle se donne alors pour mission de « faire entendre tous les dissidents chinois ». « Il faut faire entendre la voix de ceux qui adoptent une démarche pro-démocratie, pacifique et rationnelle, pour que l’Occident comprenne que les Chinois ne sont pas tous fascinés par le business ou la falsification des œuvres d’art », insiste-t-elle. Depuis plus de 25 ans, elle accueille la majorité des dissidents chinois qui transitent ou restent en France, leur fournit un accompagnement pour reconstruire leur vie dans l’Hexagone et pour traduire leurs moindres démarches administratives. « Je ne sais jamais dire non ! Ils ont besoin de moi, je suis là ! ».
L’équipe
Arrivée pour la première fois en Chine en 1975, Marie HOLZMAN y séjourne une année. Elle y retournera en 1977 en tant que journaliste free-lance au bureau de l’Agence France-Presse à Pékin. Elle assiste au premier mouvement démocratique dans la capitale de 1978 à 79. C’est là qu’elle fait la connaissance de tous les futurs grands dissidents chinois.
A l’époque, elle écrit aussi sous pseudonyme des articles pour Libération. Elle rentre en France en 1980. Son premier livre, Avec les Chinois, sort chez Flammarion en 1981. Par la suite, elle enseigne la société contemporaine chinoise à l’Université Paris 7 comme chargée de cours, puis comme professeure associée.
Aujourd’hui, elle continue à donner un grand nombre de conférences sur la Chine et écrit pour la revue Politique internationale dont elle appartient au comité éditorial.
Depuis 1990, elle est présidente de Solidarité Chine, une association créée en juin 1989 pour venir en aide tant aux exilés fuyant la répression du mouvement de Tian’anmen qu’aux démocrates restés en Chine, et aussi pour perpétuer la mémoire de ce drame. Elle se donne alors pour mission de « faire entendre tous les dissidents chinois ». C’est le propos de son livre intitulé Ecrits édifiants et curieux sur la Chine du XXIème siècle (avec Chen Yan) : « Il faut faire entendre la voix de ceux qui
adoptent une démarche pro-démocratie, pacifique et rationnelle, pour que l’Occident comprenne que les Chinois ne sont pas tous fascinés par le business ou la falsification des oeuvres d’art », insiste-t-elle.
Depuis
plus de 25 ans, elle accueille la majorité des dissidents chinois qui transitent ou restent en France, leur fournit un accompagnement pour reconstruire leur vie dans l’Hexagone et pour traduire leurs moindres démarches administratives. « Je ne sais jamais dire non ! Ils ont besoin de moi, je suis là ! »
Avec Ilham Tohti, Marie Holzman n’en est pas à son coup d’essai : elle a milité avec succès pour l’attribution du prix Sakharov aux dissidents Wei Jingsheng et Hu Jia.
Extrait d’Asialyst 2 novembre 2016
Bernard Debord : Biographie
La confrontation de ses rêves soixante-huitards à la réalité de la Chine de Mao le conduira à devenir militant d’Amnesty International où il fut rédacteur en chef1.
Un livre et un documentaire sur le massacre de Tian Anmen le mène, en 1989, à devenir écrivain et réalisateur1.
En 2007, lors de ses recherches pour son documentaire Tibet, le mensonge chinois ?, il demande les vidéo d’archives chinoises à la BBC qui les commercialise en Europe. On lui demanda, en relation selon lui à des pressions économiques, de s’engager par écrit à ce que son film ne porte pas atteinte à l’image du gouvernement chinois, ce qu’il refusa. Son intention était de dresser l’état du Tibet de nos jours. Puis, après les troubles au Tibet en mars 2008, il s’aperçoit que la propagande chinoise atteint la communauté internationale, notamment à travers des déclarations d’hommes politiques comme Jean-Luc Mélenchon, et il décide de réorienter ce documentaire sur cette propagande2.
Il est aussi membre fondateur de la société ZKO, réunissant des concepteurs et réalisateurs œuvrant à l’écriture et au développement1.
Filmographie
Comme réalisateur et scénariste
Récompenses et nominations
Récompenses
- Fipa d’Or 1997 du Grand reportage pour Les Folles d’Istanbul
- Mention spéciale au Festival « Vues d’Afrique » de Montréal pour La Déchirure congolaise
- Golden Gate Award 2003 de meilleur documentaire long métrage, à San Francisco, pour Maîtres et esclaves
- Prix du documentaire au Festival du scoop et du journalisme d’Angers 2002, pour Maîtres et esclaves
- Prix du Regard social au Festival de Vic-le-Comte 2002, pour Maîtres et esclaves
- Grand Prix du documentaire au Festival de Sibiu (Roumanie), pour Maîtres et esclaves
- Mention spéciale du jury au Festival de Clermont-Ferrand 2006, pour Le soleil et la mort
- Prix du meilleur film politique et social au Big muddy film festival aux États-Unis pour Le soleil et la mort (2007).
Nominations
- Prix du meilleur film politique et social au Big muddy film festival aux États-Unis
Publications
RAPPEL DU COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A LA VENUE DU DALAÏ LAMA, A STRASBOURG, en septembre 2016 :
Communiqué de presse
Alors que le Dalai Lama est invité officiellement à Strasbourg ces jours-ci en qualité de chef spirituel des Tibétains, il n’est rien dit, rien fait pour évoquer la situation au Tibet, pour exprimer une solidarité si nécessaire envers ce peuple qui sur ces hautes terres himalayennes tente de survivre sous le joug de l’occupant chinois.
N’oublions pas que Tenzin Gyatso, 14ème Dalai Lama, a aussi été, jusqu’en 2011, l’autorité politique du peuple tibétain. Depuis son exil en Inde en 1959, il n’a cessé de parcourir le monde pour faire connaître la tragédie que vit son peuple et chercher des appuis.
Il a renoncé à revendiquer l’indépendance pour proposer aux autorités chinoises d’accorder au Tibet une véritable autonomie et a toujours cherché le dialogue avec Pékin pour aboutir à une solution favorable aux deux parties.
Il a unifié son peuple et l’a encouragé à une résistance non-violente.
Nous nous étonnons que les autorités accueillantes ne manifestent pas plus de cette solidarité si importante pour un peuple humilié en permanence dans le silence international exigé, imposé par Pékin.
Nos sociétés, nos états, nos responsables politiques ont-ils abandonné la partie, reléguant les Droits de l’Homme au second plan derrière les compromissions, courbant l’échine devant cette puissance mondiale qui ne cesse d’afficher ses vues expansionnistes et son désir de conquêtes économiques et militaires ?
L’abandon de nos valeurs démocratiques pour la défense des droits les plus élémentaires est-elle actée, laissant la voie libre au nihilisme et à aux puissants sans scrupules ?
Des actes tout simplement symboliques auraient pu, auraient dû accompagner le discours entourant la venue du premier des Tibétains, Prix Nobel de la Paix. Ainsi Strasbourg aurait-elle pu parrainer une commune tibétaine pour montrer son attachement aux valeurs humanistes ainsi que l’ont réalisé près de 80 communes françaises (Briançon, Vitrolles, Montbéliard, Digne, Paris XI et en Alsace, Dieffenthal dans le Bas-Rhin , Bennwihr, Kaysersberg, Eguisheim et Rammersmatt dans le Haut-Rhin).
Au Tibet depuis des décennies, la répression se poursuit, Un nombre considérable de Tibétains sont morts ou portés disparus, des villages, des édifices culturels et cultuels ont été détruits, les plateaux militarisés, nucléarisés, les nombreuses ressources minières pillées, l’environnement est semble-t-il fortement dégradé. Des Tibétains résistent et tentent de faire vivre leur culture, leur langue. Près de 150 hommes et femmes identifiés, religieux ou laïques, souvent très jeunes, se sont ces dernières récentes années immolés par le feu jusqu’à la mort pour interpeller l’opinion publique internationale.
Qui les entend ici ?
Qui se soucie d’un peuple qui semble destiné à disparaître peu à peu de par notre indifférence, notre silence, voire notre couardise ?
Pour l’association « liberté au Tibet » Agnès Charron liberteautibet@gmail.com
Pour le MAN « mouvement pour une alternative non-violente » Jean-Yves Carlen jean.yves.carlen@gmail.com