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Le 23 octobre 2023 à Société Française d'Etude du Monde Tibétain

Tenzin Desal, « Gnas tshang « pour les théories du voyage : réfléchir à la question de l’indigénéité tibétaine »

La SFEMT a le plaisir d’annoncer la tenue, dans le cadre du Cycle Conférences SFEMT 2023/2024, de la conférence suivante :

Gnas Tshang (གནས་ཚང) for Travelling Theories: Thinking Through with the Question of Tibetan Indigeneity

par Tenzin Desal (Tibet Policy Institute)

le lundi 23 octobre à 18h00 à l’Inalco, salle 5.01, et via Zoom (https://shorturl.at/ryQZ2)

Résumé de la conférence :

Current discourse on entrenched difference within the People’s Republic of China (PRC) is defined in terms of evolving concepts of nationality and ethnicity. Tibetans are recognized as one of the 55 ethnic minorities and the dominant Han Chinese population is considered a majority, comprising of over 91 percent of the total population. This majority-minority framework has sedimented in thinking of
China as a multi-ethnic nation-state. Dominant political movement among exile Tibetans based out of India seeks greater autonomy within the framework of the constitution of the PRC and Law on Regional National Autonomy (LRNA). This policy is officially known as the Middle-Way Policy. Conceptual understanding of indigeneity within the exile Tibetans is informed largely by indigenous rights movement in India and affirmative action politics in their host country. Field data has let me to categorize Tibetan conceptions of indigeneity as selective osmosis as opposed to theoretically-informed engagement with indigeneity as a conceptual framework. This assumption has caused a reductive reading of indigeneity as a hierarchical category devoid of other political possibilities. On the other hand, although the PRC voted in support of the 2007 United Nations Declaration of the Rights of the Indigenous Peoples, it however does not recognize existence of indigenous peoples in PRC. These two divergent translations of the concept of indigeneity discount possibilities of politics to stake greater claims of indigenous sovereignty. Engagement with recent scholarship by indigenous scholars could unveil uninterrogated paths for decolonization.

Copyright : Sherig

Tenzin Desal completed his PhD in Anthropology from the University of Mysore. He works as a senior researcher at the Tibet Policy Institute in Dharamsala, India.

 

Résumé de la conférence :

Le discours actuel sur les différences profondément ancrées au sein de la République populaire de Chine (RPC) est défini en termes d’évolution des concepts de nationalité et d’ethnicité. Les Tibétains sont reconnus comme l’une des 55 minorités ethniques et la population chinoise Han dominante est considérée comme majoritaire, représentant plus de 91 pour cent de la population totale. Ce cadre majorité-minorité s’est sédimenté dans la réflexion sur
La Chine en tant qu’État-nation multiethnique. Le mouvement politique dominant parmi les Tibétains exilés basés en Inde cherche une plus grande autonomie dans le cadre de la constitution de la RPC et de la loi sur l’autonomie nationale régionale (LRNA). Cette politique est officiellement connue sous le nom de politique de la voie médiane. La compréhension conceptuelle de l’indigénéité chez les Tibétains en exil est largement éclairée par le mouvement pour les droits des autochtones en Inde et par la politique d’action positive dans leur pays d’accueil. Les données de terrain m’ont permis de catégoriser les conceptions tibétaines de l’indigénéité comme une osmose sélective par opposition à un engagement théoriquement informé avec l’indigénéité comme cadre conceptuel. Cette hypothèse a donné lieu à une lecture réductrice de l’indigénéité comme une catégorie hiérarchique dépourvue d’autres possibilités politiques. D’un autre côté, bien que la RPC ait voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007, elle ne reconnaît cependant pas l’existence de peuples autochtones en RPC. Ces deux traductions divergentes du concept d’indigénéité écartent la possibilité pour les politiques de revendiquer davantage de souveraineté autochtone. L’engagement des récents chercheurs autochtones pourrait dévoiler des voies incontestées vers la décolonisation.

Droit d’auteur : Sherig
Tenzin Desal a obtenu son doctorat en anthropologie à l’Université de Mysore. Il travaille comme chercheur principal au Tibet Policy Institute à Dharamsala, en Inde.