Certains Yvelinois accueillent des Tibétains chez eux
Emma Gatti est éducatrice spécialisée et habitante de Conflans-Sainte-Honorine. Il y a trois ans, elle s’était déjà mobilisé dans l’aide aux devoirs et les cours d’alphabétisation dispensés par la Pierre blanche. Il y a un mois, elle a créé un groupe Facebook pour sensibiliser la population et récolter des dons. Comme 30 familles, elle a décidé d’accueillir chez elle quatre Tibétaines car « elle ne supporte plus cette situation ».
Elle leur fournit gratuitement un petit déjeuner, un lieu pour se laver et le gîte pour la nuit. Emma Gatti prône le dialogue avec ses invités. Souvent, l’échange se fait au petit déjeuner. Elle est admirative de « la discrétion de cette communauté qui ne se plaint jamais » et « des liens faciles à nouer avec des gens qui sont aux antipodes de notre manière de vivre ».
Comme ceux qui sont hébergés au Pointil, les demandeurs d’asile doivent répondre à certaines obligations. « Il ne s’agit pas de les accueillir mais de les accompagner, qu’ils puissent s’intégrer », explique-t-elle. L’objectif ? L’obtention la plus rapide possible du statut de réfugié politique (toujours accordé pour les Tibétains, Ndlr), afin de bénéficier du RSA dans un premier temps, mais surtout de pouvoir travailler.
Un système de familles-relais s’est également mis en place : « Certains accueillants culpabilisent de partir en vacances et de les laisser à leur sort ». Grâce au groupe Facebook nommé « Soutien aux réfugiés tibétains de Conflans » , 11 Tibétains ont trouvé une famille depuis septembre. Beaucoup d’hôtes sont retraités, « plus disponibles », même si « des actifs avec enfants » ont également répondu présent.
La Pierre blanche en grande difficulté financière
L’association de Conflans-Sainte-Honorine est en grande difficulté financière. Gérant l’accueil et l’hébergement de sans-abris ainsi que des réfugiés tibétains, elle est pourtant aidée par une quarantaine de bénévoles et de grandes enseignes de distribution qui lui donnent une tonne de produits alimentaires chaque jour.
Mais aujourd’hui, l’afflux de Tibétains représente les trois quarts des hébergements conflanais de la Pierre blanche, et pèse sur ses comptes. « Le déficit de 100 000 euros devrait croître fortement, s’inquiète Hugues Freneau, son directeur. Il faudra faire des choix ».
Hugues Fresneau se dit dépassé par l’ampleur du phénomène : « Ils n’étaient que quatre ou cinq en 2011. » Même si « on accueille d’abord et on voit pour l’argent après », il demande une prise en charge plus spécifique pour cette problématique, dont il estime que « seul l’Etat peut désormais agir ».
Erratum : Dans l’encadré consacré aux familles qui accueillent des réfugiés tibétains à leur domicile, deux erreurs ont été faites et corrigées sur votre édition en ligne. Contrairement a ce qui a été écrit, depuis l’ouverture du groupe public Facebook (« Soutien aux réfugiés tibétains de Conflans ») 11 tibétains ont trouvé une famille d’accueil et non 20 comme il était écrit. Concernant Emma Gatti, que nous avons interrogé pour illustrer le fait que des habitants de Conflans-Sainte-Honorine et Andrésy accueillent des tibétains à leur domicile, il était écrit « qu’elle se mobilise depuis 3 ans pour les réfugiés tibétains ». Rectification, elle avait en tant que bénévole, donné des cours d’alphabétisation et de soutien scolaire à la Pierre blanche il y a 3 ans avant de rester inactive jusqu’à la création du groupe Facebook. La rédaction présente ses excuses quant à ces erreurs relevées dans cet encart.

