Les exercices militaires conjoints russo-belarus Zapad 2025 particulièrement « agressifs », rassemblant près de 100 000 militaires secondés par des militaires du Bengladesh, Corée du nord, Chine, Inde, Iran, Burkina Fasso, Mali et Congo, assistés étonnement d’observateurs des États Unis, de Hongrie et de Turquie, pourtant membres de l’OTAN, ont incité les autorités polonaises à prendre, enfin, des mesures énergiques pour « des raisons de sécurités nationale » en fermant dès le 11 septembre 2025, tous les postes frontières de fret ferroviaires et routiers.
A la suite de quoi, Xi et son bureau politique, inquiet de cette situation de blocage total de la route Nord passant par la Russie de sa Belt and Road Initiative, a dépêché en urgence, 3 jours après, son ministre des affaires étrangères Wang Yi à Varsovie pour implorer le Premier ministre polonais Donald Tusk de rouvrir la frontière aux trains. Ce qui a été fait de 25 septembre 2025 sur les trois points de passage de fret ferroviaire de Terespol-Brest, Kuznica-Grodno et Siemianowka-Svisloch. Les points de passage de Terespol-Brest furent réouverts aux véhicules de passagers et celui de Kukurryki-Kozlowicze pour les camions (voir doc du 03/04/2024).
En août, Minsk avait affirmé que pendant les manœuvres Zapad 2025, l’armée bélarusse s’entraînerait à déployer des missiles Orechnik capables d’emporter des charges nucléaires.
Ce n’est pas la première fois que la Biélorussie avec son ami de Moscou fait des manœuvres. Le 8 juillet 2024 à Brest c’est la Chine qui s’y invitait. Déjà, dès le 24 juin 2024, la Pologne avertissait qu’elle fermerait ses postes frontières.
C’est chose faite enfin en 2025. C’est ce que nous réclamons depuis 2019. Comme pour Moscou, Pékin ne connait que les rapports de force?
Un avertissement pour Xi au risque de voir sa route nord russe vers l’Union Européenne complétement dérailler.
13 jours de fermeture, par effet domino, a semé les chaos tout le long des 8000 kilomètres du corridor Nord de la Belt and Road Initiative jusqu’en Chine. Le trafic marchandise qui était de 15 trains/jour en 2020-2021 avant l’opération spéciale, s’est réduit à 5-6 trains début 2024 pour remonter à 7-8 en 2025 (un train = 160 Équivalent Vingt Pieds). Les wagons plateaux RZD de la compagnie du Kremlin mobilisés pour le commerce pour son grand ami Xi ne seront/sont pas affectés au transport militaire de l’opération spéciale sur l’Ukraine. 15000 EVP bloqués sans surveillance pendant 15 jours sur des voies de stockage tout le long de la route Nord russe, ont, pour certains, été visités. A noter que Pékin n’a pas condamné l’invasion de l’Ukraine. Par ces exportations vers la Russie de biens à double usage, Pékin met de l’huile sur le feu dans les velléités du Kremlin à continuer cette guerre d’un autre temps. Le jeu particulièrement vicieux de Xi ne fera qu’affaiblir la Russie, tout en renforçant la position de la Chine dans l’Extrême Orient Russe. C’est bien connu, ton meilleur ami peut être ton pire ennemi.
Dès la fermeture, ce n’est pas sans un certain cynisme que la Russie appela le jeudi 11 septembre 2025 la Pologne à revoir sa décision de fermer sa frontière avec la Biélorussie, une mesure annoncée dès le mardi 9 par Varsovie en réponse aux manœuvres militaires communes russo-bélarusses prévues du 12 au 24 septembre. «Nous appelons Varsovie à réfléchir aux conséquences de telles mesures contreproductives et à reconsidérer la décision prise dans les plus brefs délais», a déclaré dans un communiqué la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.
Le bureau de France-Tibet
AFP / le 15 septembre 2025 à 17h34
Le Président polonais Karol Nawrocki (à gauche) serre la main du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi (à droite) lors de leur rencontre au palais présidentiel à Varsovie, en Pologne, le 15 septembre 2025. Photo de Wojtek RADWANSKI / AFP
Le chef de la diplomatie polonaise a « informé » lundi à Varsovie son homologue chinois des « raisons de sécurité » qui ont poussé la Pologne à fermer temporairement sa frontière avec le Bélarus, située sur une importante route commerciale chinoise vers l’Union européenne.
La Pologne, membre de l’UE et de l’OTAN, et proche allié de l’Ukraine, a annoncé la semaine dernière la fermeture de sa frontière avec le Bélarus, en réponse à des manœuvres militaires russo-bélarusses dont le scénario a été jugé « agressif » par Varsovie et qui suscitent l’inquiétude des pays de l’OTAN, quelques jours après l’intrusion sans précédent de drones russes sur le territoire polonais.
A la suite de la fermeture totale de la frontière, tout le trafic ferroviaire et routier y a été arrêté, alors qu’une importante part du fret chinois terrestre destiné à l’UE passe par là, notamment par le grand nœud ferroviaire de Malaszewicze (est).
« La partie chinoise a reçu toutes les informations à ce sujet. Toutes les raisons qui ont conduit à une telle décision lui ont également été présentées », a indiqué lundi à la presse le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères, à l’issue d’une rencontre des chefs de diplomatie chinois et polonais, Wang Yi et Radoslaw Sikorski.
« Ce n’est pas une décision visant à frapper quiconque parmi les partenaires qui transportent des marchandises », mais « des manœuvres avec un scénario très agressif se déroulent actuellement au Bélarus », et la Pologne est continuellement exposée à une « guerre hybride » à ses frontières orientales, a souligné le porte-parole polonais Pawel Wronski. « La logique de la sécurité prend le dessus dans notre région sur celle du commerce », car « il est difficile de mener un commerce libre lorsqu’une frontière n’est pas une frontière sécurisée », a-t-il ajouté.
Wang Yi est arrivé lundi en Pologne après s’être rendu en Autriche et en Slovénie, dans un contexte d’impasse des discussions pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
La Chine appelle régulièrement à des pourparlers de paix et au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays, sous-entendu Ukraine comprise. Mais Pékin n’a jamais condamné la Russie et a renforcé ses relations commerciales, diplomatiques et militaires avec Moscou. La Chine est accusée par certains alliés de Kiev d’aider son voisin russe à contourner les sanctions occidentales.